Ouverture de l'embouchure du fleuve Comoé à Grand-Bassam - Brève revue du projet


Dans un de mes articles précédents _ 05 appels d'offre en provenance de Cote d'Ivoire, Mali, Sénégal, Tchad pour soumission_ je t’informais cher lecteur de l’avis d’appel d’offre lancé par le gouvernement ivoirien pour les travaux sur l’embouchure du fleuve Comoé. Cette fois-ci, je me propose de te présenter une revue succincte du projet pour lequel les offres sont toujours reçues sous pli ferme jusqu’au mercredi 27/06/2018. 

Le Gouvernement ivoirien a amorcé la première étape du vieux projet d’ouverture de l’embouchure du fleuve Comoé à Grand-Bassam sous l’appellation « Appel D’Offres International N°T01/PABC /2018: Travaux d’ouverture de l’embouchure du Fleuve Comoé à Grand Bassam ». 


A toute fin utile, rappelons que le Comoé est l’un des 04 grands fleuves irriguant la Côte d’Ivoire. Prenant sa source à Péni (Burkina Faso), il traverse le territoire ivoirien du nord au sud, alimenté alors par un bassin versant de 78 000 km2. En 1993, son débit moyen annuel était de 83,8 m3/s. 


Jusqu'en 1951, les eaux des lagunes Ebrié, Ouladine et Mondoukou viennent grossir le Comoé à la confluence de Moossou, et le tout est évacué en mer par l'exutoire unique de Grand-Bassam. Cet apport décisif des eaux des lagunes combinée à l’hydrodynamique du fleuve permettait à celui-ci d’entretenir une passe (c'est-à-dire son chemin vers la mer) de près de 200 m de large et 4 m de profondeur. 


Consécutivement à l’ouverture du canal de Vridi, les deux tiers du volume d’eau initialement apporté par le système des lagunes sont détournés vers le canal de Vridi, laissant l’estuaire avec seulement le tiers de son débit naturel, fourni par le fleuve, dont la puissance ne permet plus le dragage naturel de la passe. 


Ainsi, les travaux du canal de Vridi ont entrainé un déficit hydrique au niveau de l’estuaire de Grand-Bassam qui combiné au phénomène de dérive naturelle du littorale au niveau du golf de Guinée ont mis le fleuve dans l’incapacité d’entretenir par lui-même sa passe en charriant le sable par la force de son débit. 


Les tentatives de résoudre ce problème et ses effets collatéraux ont véritablement commencé en 1987 avec le percement et l’entretien irrégulier de passes artificielles dont la première passe artificielle était longue de 820 m sur 40 m de large et 4 m de profondeur prenant son origine dans le lit du fleuve. De 1987 a 1997, cette solution implémentée au-delà du raisonnable ne permit pas d’obtenir les résultats escomptés, la passe s’ensablant en moins de 7 mois après son ouverture. 


Aujourd’hui la fermeture de l’embouchure pose toujours des problèmes sociaux, environnementaux et économiques qui justifient la mise en œuvre d’une solution durable. Le présent projet d’ouverture de l’embouchure du fleuve, qui espérant que ce soit l’ultime sur ce problème spécifique, consiste en les opérations ci-après :

  • les terrassements et le dragage du chenal de l’embouchure sur une largeur de 50 m et une profondeur sous le niveau des eaux de 6 m ;
  • la construction de deux (02) digues ou épis de protection en enrochements et en blocs artificiels en béton tétrapodes : l'Epi-Est d’une longueur d’environ 140 m et l’Epi-Ouest de 210 m ;
  • la réalisation des protections des deux (02) berges du chenal de l’embouchure du côté lagune contre les crues de fleuve Comoé sur une longueur d’environ 250 m du côté Est, et 150 m du côté Ouest. La protection est composée d’une couche filtrante en enrochements (60-300 kg) déposée sur du géotextile et couverte d’une carapace composée d’enrochements (300 - 1000 kg) et (1000 -3000 kg) ;
  • les travaux de confortement du pont de Mondoukou sur le canal d’Assinie ;
  • les travaux de défrichement des terrains limitrophes à l’embouchure sur une superficie d’environ 230 ha.
Ces travaux devront se faire sur une durée de vingt-deux (22) mois. Notons en que le présent marché en cours de passation reçoit un financement de la BADEA (Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique) et de l’OFID (Fonds de l’OPEP pour le développement International) ce qui pourquoi, à l’instar du marché de construction du 4ème pont d’Abidjan, la procédure de mise en concurrence est l’Appel d’Offre International.

Références bibliographiques:

  • Célestin Hauhouot, « Les problèmes de l'aménagement de l'estuaire du fleuve Comoe à Grand-Bassam », Les Cahiers d’Outre-Mer [En ligne], 219 | Juillet-Septembre 2002, mis en ligne le 13 février 2008, consulté le 23 juin 2018. URL : http://journals.openedition.org/com/1012 ; DOI : 10.4000/com.101
  • Amon Kothias et al , « Les effets de la réouverture de l'embouchure du fleuve Comoé sur le végétation littorale lagunaire (Lagune Ebrié - Côte d'Ivoire) », Journal Ivoirien d'Océanologie et de Limnologie, [En ligne] Vol 1 N°2| Novembre 1991, consulté le 23 juin 2018. URL : http://aquaticcommons.org/7511/
  • District d'Abidjan, « L'historique », [En ligne] consulte le 23 juin 2018. URL: http://www.abidjan.district.ci/index2.php?page=pre&num=1
  • L'intelligent d'Abidjan, « Grand-Bassam / Réouverture de l’embouchure : les experts expliquent ce qui va se passer», Abidjan.net [En ligne], mis en ligne le 14 janvier 2013, consulte le 22 juin 2018. URL: http://news.abidjan.net/h/448710.html
  • Présidence, « Le Vice-President de la République a visite le chantier de la baie de Cocody et le site d’ouverture de l’embouchure de Grand-Bassam » , mis en ligne le 11 novembre 2017, consulte le 22 juin 2018. URL: http://www.presidence.ci/le-vice-president-de-la-republique-a-visite-le-chantier-de-la-baie-de-cocody-et-le-site-douverture-de-lembouchure-de-grand-bassam/



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Attribution du marché de construction du 4eme pont d’Abidjan - Ce Qu’il Faut Savoir



L’Agence ivoirienne de gestion des infrastructures routières dénommée AGEROUTE a publié depuis le 23 mai 2018, les résultats de la consultation des entreprises pour la sélection du constructeur du 4ème pont d’Abidjan. Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’Appel d’Offres N°RT41/2017 intitulé “Travaux de  construction du 4ème pont d’Abidjan entre les communes de Yopougon et du Plateau” qui a été lancé en novembre 2017.

Les travaux de ce pont qui reliera les communes de Yopougon et Plateau ont été attribué au constructeur CHINA STATE CONSTRUCTION ENGINEERING CORPORATION (CSCEC). L’entreprise s’est adjugée ce marché avec l’offre la mieux-disante évaluée financièrement à 103 944 168 601 F CFA TTC. CSCEC est entreprise publique chinoise créée depuis 1957 et intervenant dans tous les domaines de la construction. Elle semble justifier d’une longue expérience en travaux d’envergure comme en témoigne son passif.

Officiellement lancé depuis le 29/11/2017, ce sont au total huit (08) entreprises en provenance d’Afrique (Egypte et Maroc), Amérique du sud (Brésil), Europe (Suisse) et Asie(Chine) qui ont soumis leurs offres dans le temps imparti. Il semblerait que les exigences assez élevées en technicité et en capacité financière n’ont pas permis d’avoir des entreprises nationales soumissionnaires.

Des huit (08) entreprises soumissionnaires, quatre (04) nous viennent de la Chine ; cela dénote dans une certaine mesure de l’attractivité exercée par les investissements infra-structurels du pays sur les entreprises asiatiques.

En consultant le fichier pdf détaillant cette attribution, on constate des termes comme Appel d’Offres international, Unicité du lot, COJO.
  • Appel d’offres International: Selon le Manuel de procédure de la Direction des Marchés Publics ivoirienne, l’Appel d’Offres est une procédure d’attribution non négociée d’un marché au soumissionnaire ayant déposé l’offre conforme mieux-disante. Le caractère “international” de l’appel d’offre vient du fait que d’une part une partie des fonds de financement est accordée par un bailleur de fonds,  et d’autre part que des moyens de publicité au niveau international s'adressant à des entreprises ayant leur domicile ou leur siège social à l’intérieur ou à l’extérieur du territoire national ont été utilisés.
  • Unicité du lot: elle désigne le fait que l’ensemble des travaux est considérée comme une seule et même entité.
  • COJO: est l’abréviation de la Commission d'Ouverture des plis et de Jugement des Offres. Il s’agit du comité mis en place pour exécuter l’attribution.
Enfin, il convient de mentionner que le document mis en ligne par l’AGEROUTE comporte quelques incohérences qu’il conviendrait de corriger. On peut remarquer par exemple que pour les entreprises classées respectivement 7eme et 8eme moins disantes les prix proposés augmentent à la ligne du tableau général intitulée « prix évalué après rabais ». On notera également l'ambiguïté des propos donnés comme justifications de la décision de la COJO quant au rejet des 7 autres offres.

Du reste, cette étape étant terminée, en tant que contribuable nous nous impatientons d’ores et déjà de voir s'élever au dessus de cette bonne vieille lagune Ebrie le 4eme pont tant attendu, notons d’ailleurs que le délai d’exécution projet est de 30 mois et débute juin/juillet 2018.
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5 appels d'offre en provenance de Cote d'Ivoire, Mali, Sénégal, Tchad pour soumission

Dans ce post, vous trouverez une sélection d'appels d'offre en provenance de Cote d'Ivoire, Mali, Sénégal, Tchad.

1- Construction d'une centrale thermique a fioul au Mali

2 - Conception, construction et exploitation d'une usine de dessalement d'eau de mer au Senegal

3- Travaux d'ouverture de l'embouchure du fleuve Comoe à Grand-Bassam

4- Construction d'une base logistique de stockage de marchandises et de conduite des opérations en douane

5- Travaux de construction de la première tranche de l'université de Bondoukou

Source: Jeune Afrique éditions de mars et avril 2018.
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Techniques d'auscultation non-destructives: Cas du Marteau de Schmidt ou Scléromètre

Photo d'un sclerometre

Dès le début de l’utilisation du béton comme matériau de construction, la nécessité de pouvoir contrôler sa qualité s’est imposée aux constructeurs et a conduit au développement d’essais de contrôle en laboratoire et in situ.

La confection d’éprouvettes normalisées à écraser sous une presse ou l’extraction de carottes de béton durci dans les ouvrages existants figurent parmi les premiers essais conçus. 
Bien qu’étant les plus fiables, les limites consubstantielles à ces essais (longue durée d’exécution, coût important, caractère destructif, difficile représentativité de l’échantillonnage) motivèrent le développement d’une gamme d’essais in situ plus souples qualifiés de non-destructifs pour pallier aux insuffisances.

Dans cet article, je me propose de vous présenter brièvement l’un des plus répandus à ce jour : l’essai au scléromètre ou Test du marteau de Schmidt.


L’essai au scléromètre est une technique permettant de mesurer la dureté de surface d’un ouvrage en béton à l’aide d’un appareil, le marteau de Schmidt ou scléromètre, qui mesure le rebond d’une masse frappant la surface de l’ouvrage. Cette mesure est ensuite utilisée pour déterminer, à partir d’abaques empiriques, la résistance en compression du béton.

Mesure d'indice sclerometrique sur un poteau

Justifications du concept

On sait de façon intuitive qu’il existe une corrélation entre la résistance d’une surface et la hauteur du rebond qu’aura un objet en tombant sur elle. On peut observer ce phénomène avec le rebond d’un ballon de foot sur une pelouse comparé à une surface en béton.

Partant de ce constat, la méthode sclérométrique est basée sur l’étude du rebond d’une tige d’acier projetée sur la surface étudiée par l’intermédiaire d’une masse actionnée par un ressort taré.  L’indication fournie par le scléromètre correspond à la  hauteur  du  rebond  qui  augmente  avec  la dureté de surface du béton sollicité : on l’appelle l’indice sclérométrique.


Schema d'un sclerometre ou marteau de Schmidt
Schéma d'un scléromètre (source: Wikimedia)

Bref Historique de la mesure de dureté de surface

Les efforts pour mesurer la dureté de surface d'une masse de béton ont d'abord été enregistrés dans les années 1930; les tests consistaient à impacter la surface du béton avec une masse mise en mouvement par une quantité d'énergie standard.
Un pendulum ancetre du sclerometre
Pendulum de mesure (source: Testing of concrete in structures, 2006)
Dès cette époque, deux écoles de pensées vont se former :
  • La première,  partant de l’idée que plus une surface est dure, moins elle afficherait des traces d’impact de chocs, va concevoir les premières méthodes qui impliquaient de mesures de la dimension de l'entaille causée par une bille d'acier fixée à un pendule ou un marteau à ressort, ou tirée d'un pistolet de test standardisé.
  • La seconde, partant de l’idée que plus une surface est dure, plus haut rebondirait un objet lâché sur elle, va utiliser les mêmes appareils mais préférera mesurer la hauteur de rebond de la masse vis-à-vis de la surface testée.
Au fil du temps c’est le principe du rebond, qui sera le plus largement accepté.  Le marteau de Schmidt, inventé par l’ingénieur suisse Ernst Schmidt en 1946, est l’équipement qui va assurer la popularité de cette seconde école de pensée.  Son utilisation en Côte d’Ivoire remonte au début des années 70. Il est utilisé aujourd’hui sous le standard européen EN 12504-2.

Limites d’utilisation de la méthode sclérométrique

Les avantages liés à l’utilisation de la méthode sclérométrique sont entre autres :
  • facilité de mise en œuvre du mode opératoire et de la logistique d’exécution (Matériel portatif léger
  • délai de disponibilité des résultats immédiat pour une mesure ponctuelle et à court terme pour une campagne ou une cartographie
  •  exploitation de résultats facile
  • faible coût.
Par contre l’inconvénient majeur de cette technique est qu’elle permet uniquement d’estimer la résistance en compression du béton à partir de la mesure de dureté de surface.
De plus les résultats de ce test sont très sensibles à la présence de granulats ou de vides sur la surface de béton testé ; on a remarqué une variation de l’ordre de 15 à 20 % entre les résistances obtenues par écrasement et les valeurs obtenues au scléromètre.
Par conséquent, il est impératif d’utiliser cette technique que pour estimer résistance du béton, comme un complément aux essais destructifs classiques. 

En guise de conclusion

L’essai au scléromètre ou test du marteau de Schmidt est aujourd’hui un outil indispensable dans la garantie de la qualité du béton et dans le développement de la technologie de construction.
D’une façon générale, la pertinence des techniques non-destructives d’évaluation devrait se développer considérablement à l'avenir, parce que la tendance technologique actuelle d’automatisation des mesures et la miniaturisation des équipements ouvriront des applications entièrement nouvelles.
De ce fait, une popularisation de son usage dans l’industrie ivoirienne de la construction contribuera certainement à améliorer la normalisation des risques de construction.

Pour aller plus loin :
  • Livre: John H. Bungey [2006], Testing of concrete in structures, edition Taylor and Francis Group, 4th edition.
  • Norme : Norme EN 12504-2, Essais pour béton dans les structures, Partie 2 : Essais non destructifs, Détermination de l'indice de rebondissement, Février 2003.
  • Articles et documents consultés en ligne: Ifsttar, mesures au scléromètre in Méthodes, d’auscultation du matériau en place béton, octobre 2015.



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7 tests basiques pour évaluer du ciment sur chantier

Loupe d'observation in situ

Lorsque nous construisons avec du béton, il est nécessaire que nous connaissions la qualité de ciment que nous allons utiliser dans la mesure où il est évident que la performance de notre aménagement est corrélée à la qualité des matériaux dont nous nous servons.

A l’instar des autres domaines technologiques, dès lors qu’il s’agit d’évaluer un matériau tel que le ciment, l’approche traditionnelle est aujourd’hui de procéder à des essais de contrôle qualité de ciments.  Ils sont réalisés en laboratoire dans un environnement généralement externe au chantier.

Bien que cette approche laboratoire soit la plus précise en l’état actuel de la Technique, il faut dire qu’elle nécessite du temps, chose dont on ne dispose pas forcément, d’où la nécessité de les réaliser dès l’entame du projet.

Il survient néanmoins des cas, par exemple la réception d’un approvisionnement de ciment sur chantier, où le constructeur (entreprise ou bureau de contrôle) est forcé d’évaluer in situ dans un très court délai la qualité de la fourniture. Il lui faut donc un ensemble d’outils « rapides » lui permettant de se faire une idée approximative de la qualité du ciment. Dans ces cas-ci, une estimation grossière de la qualité de la fourniture peut se faire à l'aide de tests de terrain de base (énumérés ci-dessous) qui fournissent une idée approximative concernant la qualité du ciment au constructeur.

Date de fabrication:
La résistance du ciment diminue avec l'âge, de ce fait vous devez toujours contrôler la date de fabrication imprimée sur les paquets ; dans le cas du ciment livré en vrac (silos) cette date devrait figurer sur le bon de livraison. Il est recommandé de stocker du ciment sur une durée maximum de 03 mois après la date de fabrication.
Couleur du ciment:
Un ciment de bonne qualité a une couleur typique uniforme. Dans le cas du ciment portland qui est le ciment le plus communément utilisé,  cette couleur est grise, avec une teinte verdâtre pâle.Cette couleur est due à la présence, dans le clinker, d’oxyde de fer, de manganèse et de chromium.
Présence de scories :
Un ciment de bonne qualité ne contient pas de scories, des morceaux durs. De tels morceaux sont formés par l'absorption de l'humidité de l'atmosphère. Leur présence indique un ciment de qualité entamée.
Test de température:
Si vous plongez votre main dans un sac de ciment, vous devez ressentir une sensation de fraicheur à l'intérieur du sac de ciment. Si une réaction d'hydratation est en cours, il fera chaud à l'intérieur du sac : le ciment n’est pas bon.
Test de lissage:
Lorsque le ciment est touché ou frotté entre les doigts, il devrait donner une sensation de douceur. Si cela semble dur, cela indique une adultération avec du sable.
Test d'immersion dans l'eau:
Si une petite quantité de ciment est jetée dans l'eau, elle devrait flotter quelque temps avant de finalement couler.
Test de senteur :
Prenez une pincée de ciment à laquelle vous ajoutez un peu d’eau et respirez-la. Si le ciment contient a été adultéré avec un peu trop de fines (argile et limon), la pâte donnera une odeur terreuse.


Références :
Color control The gray of cement: http://www.bft-international.com/en/artikel/bft_2012-07_Color_control_The_gray_of_cement_1447966.html
What is the difference between grey cement and white cement? Sur Quora : https://www.quora.com/What-is-the-difference-between-grey-cement-and-white-cement
Field tests of cement : https://civiltoday.com/civil-engineering-materials/cement/14-cement-field-tests


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10 bonnes pratiques pour un béton durable

Bétonnage d\'une dalle

Le béton est un matériau avec une riche histoire, de fascinantes propriétés et une apparente simplicité de fabrication qui ont fait de lui un matériau de choix pour les constructeurs. Toutefois derrière la simplicité de ces traits se cache une complexité car Il suffit de quelques litres d’eau en plus dans une gâchée, d’un sable avec beaucoup de fines, ou d’un granulat « sale » pour voir chuter drastiquement sa qualité. La raison est que le béton est un matériau hétérogène. Sa qualité dépend donc d'un grand nombre de facteurs différents. L'ordre d'importance des différentes caractéristiques,  dont l'ensemble assure la qualité du béton, dépend de l'exigence principale qui peut être, par exemple, l'aspect des parements, la résistance aux efforts, la stabilité en présence d'agressions chimiques.  Par conséquent, pour comprendre correctement la qualité d’un béton, on est contraint à une réflexion d'ensemble englobant toutes les caractéristiques concernées.
Afin d’aider le Projeteur dans la préparation et l’exécution de son ouvrage, nous avons recensé 10 bonnes pratiques dont la stricte observance permettra de conférer à vos ouvrages une grande durabilité. Ces règles se rapportent au comportement du béton à l'égard des influences extérieures, notamment des agressions chimiques.

Situation
Étudie soigneusement l'ouvrage  projeté en  ce  qui  concerne  son exposition  aux  intempéries  et aux agressions chimiques  extraordinaires.
 (Gaz  d'échappement,  sels de mers, eaux séléniteuses, acides des graisses, du lait et des fruits, effluents chimiques, etc).

Forme
Essaie de donner à l'ouvrage en béton une forme améliorant encore sa durabilité, avec les tendances suivantes: grosses sections de formes simples, faible proportion d'armature, formes trapues.
(Surface  minimale  par  rapport  au  volume,  facilité  d'accès  au  coffrage, joints de dilatation, de retrait et de reprise).

Détails de construction
Veille  à  prévoir  une couverture de  béton  suffisante  sur  l'armature, une bonne évacuation des eaux et une exécution correcte des joints. Examine les mesures de protection.
(Pour  les   ouvrages   exposés  aux  intempéries, les  prescriptions Ivoiriennes suivent pour l’heure les prescriptions du BAEL 99 ou de l’Eurocode pour la couverture de béton sur l'armature en fonction du préjudice de fissuration et de l’environnement).

Programme
Recherche toutes les possibilités d'améliorer la durabilité du béton par un déroulement harmonieux des travaux et un travail efficace du personnel.
(Choix de fournisseurs, d'ouvriers et de chefs de chantiers consciencieux; déroulement bien réglé des travaux:  prévision des influences climatiques; organisation des contrôles).

Composition
Cherche à obtenir un béton de composition optimale. Si possible avec l'ordre des  priorités suivant  maniabilité – facteur eau/ciment minimum - résistances - coût. Evite d'utiliser des granulats sales et inappropriés.
(Béton  plastique  riche  en  mortier,  peu  enclin à la ségrégation et au retrait, adjuvants,  malaxage de longue durée,  béton transporté  par camion malaxeur).

Mise en œuvre
Programme les travaux de telle façon qu'ils se déroulent régulièrement.  Contrôle  l'étanchéité  et  la  stabilité des coffrages ainsi que la position et la fixité de l'armature.  Conduis le bétonnage de telle façon qu'il ne se produise aucun nid d’abeilles. (Béton régulier, surface fermée, compacité maximale).

Durcissement
Prends toutes mesures propres à éviter des fissures précoces ou des tassements.  Évite les  dégâts  dus  au  décoffrage  et  les  surcharges prématurées.
(Larges fissures, surface rugueuse, délai de décoffrage, ébranlements).

Traitement de cure
Organise un traitement de cure systématique.  Il faut éviter tout dessèchement du béton avant que celui-ci ait atteint une résistance suffisante. La température du béton doit s'adapter lentement, mais régulièrement à celle de l'environnement. Eviter les brusques variations de température,  échauffement   (soleil, tensions, gradient de tension, réduction des tensions).

Garantie de qualité
Contrôle, au moyen d’essais in situ et en laboratoire, les matériaux et le travail en ce qui concerne le maintien de la qualité et la régularité. Prépare à l'avance le programme des contrôles qui doivent être d'autant plus fréquents que l'ouvrage sera soumis à de plus fortes sollicitations.
(Contact avec les fournisseurs, transport, consistance, vibration, résistance, influences climatiques).

Entretien
La durabilité à longue échéance exige naturellement des contrôles périodiques et certains travaux d'entretien. Avant d'entreprendre la réparation de dégâts  éventuels  il  faut  analyser  leur  nature  et  leur cause. Cet examen permet de juger du degré d'urgence de la réparation et d'en estimer le coût.
Il faut distinguer en principe entre deux sortes de dégâts : les dégâts ponctuels qui sont le résultat d'inattentions occasionnelles lors de l'exécution des travaux ou des contrôles, et  les dégâts chroniques qui sont dus  à des erreurs  systématiques du projet, de la composition du béton ou de sa mise en œuvre).


Référence : Bulletin du ciment 1986-1987

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Pour une production locale du clinker

Légende: Chaîne complète de production du ciment.

Dans un de mes articles précédents (pourquoi le prix du ciment reste-t-il élévé?), je faisais remarquer que le prix élevé du ciment en Côte d’ivoire résulte de la nature des usines locales consistant uniquement en des unités de broyage du clinker avec le gypse pour donner le ciment. 
Dans le présent article, je tente une ébauche de solution en mettant en exergue le potentiel dont dispose la Côte d'Ivoire pour une production locale du clinker qui déboucherait sur une baisse du prix du ciment.

Dans la structure de prix du ciment, le coût du clinker détermine à lui seul presque le tiers (1/3) du prix de revient du ciment. Ce caractère décisif du clinker dans le prix du ciment découle de l'importance des ressources qui sont mobilisées pour la production de ce matériau.
Le clinker servant à la production du ciment en Côte d'ivoire est importé. Cette situation rend irrationnel pour les entrepreneurs, l'idée de réduire de réduire le coût du ciment en spéculant sur le clinker. Pour spéculer à la baisse, il leur faudrait pouvoir optimiser le coût de production du clinker grâce à la marge de manœuvre qu'offre toute production par soi-même et pour soi-même.
Produire localement le clinker devient donc une problématique cruciale à résoudre. Du coup, il devient pertinent de se demander: Est-ce possible de créer une industrie complètement locale du ciment ?

Il relève du domaine commun aujourd’hui que pour créer une industrie il faut réunir deux (02) conditions: la matière première et l'énergie. L’industrie cimentière ne déroge pas à la règle.

Chaîne de production du ciment

Le processus de production du ciment peut être scindé en deux étapes principales: la production du clinker et la fabrication du ciment.

  • la production du clinker

Elle se fait par cuisson de matières premières (calcaire, argile, et éventuellement cendres volantes, pouzzolanes etc...) dans de hauts fourneaux à une température comprise entre 1400 et 1500ºC. Ces hautes températures sont atteintes par utilisation de combustibles tels que la houille, le pétrole et ses dérivées, le gaz etc… La consommation calorifique est comprise entre 3.000 et 8.000 Mégajoulej/tonne de clinker. On en déduit que pour produire une (01) tonne de clinker, il faut brûler entre :
    •  90 à 240 kg de charbon;
    • 79 à 210 kg de gaz naturel;
    •  70 à 186 kg de diesel
  • la fabrication du ciment
Dans cette étape, le clinker est co-broyé avec du gypse dans un broyeur rotatif alimenté à l’électricité. On estime qu’une consommation de 70 à 160 kwh d’électricité est nécessaire pour obtenir une (01) tonne de ciment.
On déduit que les facteurs conditionnant une production totalement locale du ciment sont :
    • la présence de gisements de calcaire et d’argile
    • la disponibilité de matières combustibles telles que le pétrole, le charbon ou le gaz
    • la disponibilité de l'énergie électrique
La Côte d’ivoire dispose t-elle de ses ressources?

Matières premières du clinker


Le clinker, principal constituant du ciment, est obtenu à partir d’un mélange de calcaire et d’argile et d’oxyde de fer éventuels.

 Le calcaire est une roche sédimentaire formée à partir de la décomposition de coquillages et de squelettes de micro-algues et animaux marins. De ce fait, on le retrouve principalement dans les zones marines anciennes ou les zones lacustres le long des côtes à des profondeurs comprises entre 0 et 60 m. En Côte d’Ivoire, on a trouvé des dépôts de calcaire le long de la bordure lagunaire entre Fresco et la frontière avec le Ghana, c’est-à-dire le long du bassin sédimentaire ivoirien. Ce calcaire se présente sous forme d’amas coquilliers dénommés faluns. Une étude menée par la SODEMI aurait permis d’estimer les réserves de calcaires côtiers à 310.000 tonnes. Cette quantité semble faible comparativement à ceux exploitées dans les pays producteurs de clinker.
Par contre, on sait également que du calcaire de type industriel a été exploité à Eboco près de la lagune Aby durant la période d’occupation coloniale. De ce fait il n'est pas exclu que de nouvelles prospections menées dans l’ensemble des zones lacustres et avec pour point de départ la ville d’Eboco permettent de découvrir des réserves à potentiel industriel. En tout état de cause, on retiendra que la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel géologique qui doit être mieux étudié en ce qui concerne le calcaire.
Par ailleurs, quand bien même les réserves de calcaire seraient minimes à l’issue des prospections, la proximité géographique avec les territoires possédant de plus grosses réserves tels que le Sénégal ou la RDC facilite l’importation du calcaire pour produire du clinker.

Si le potentiel en calcaire est réel mais les réserves restant à être formellement identifiées, l’argile lui ne fait pas défaut à la Côte d’Ivoire où la présence de l’argile y est historiquement attestée. Ce matériau a servi à l’essor de la micro-industrie potière depuis les temps les plus reculés à nos jours. Encore aujourd’hui, les centres de production traditionnelle de poteries constitués en villages (tels que le village des potiers de Tanou Sakassou, les villages de potiers de Katiola ou encore le fameux village de potières de Montiamo dans l’est du pays) confectionnent et distribuent les poteries de très bonne qualité.
Par ailleurs, les résultats des prospections réalisées par la SODEMI entre 1963 et 1970 ont permis d’identifier d’énormes réserves d’argile qui restent faiblement exploitées :
  • près de Grand-bassam, on a découvert des réserves estimées à 1,7 millions de m3
  • le plateau de Gounioubé situé à 15 km au nord-ouest d’abidjan renferme un gite évalué à 3,4 millions m3
  • l’examen des plateaux du Banco et d’Andokoua a relevé l’existence de réserves avoisinant le million de m3 chacun
On l’aura remarqué, toutes les prospections menées à ce jour se sont limitées à la région d’Abidjan. Or nous sommes persuadés que le nord, le centre et l’est du pays en tant que foyers historiques de production de poterie renferment des dépôts qui n’attendent que d'être découvert.

En somme sur la question des matières premières telles que le calcaire et l’argile, la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel géologique appréciable qui méritent l’attention des industriels locaux. De plus la position géographique du pays et ses ports sont également des atouts non-négligeables qui doivent être mis en valeur.

Potentiel énergétique de la Côte d’Ivoire


Sans énergies il ne peut y avoir d’industries car l'énergie est d’essence vitale à la production d'échelle. En conséquence les industries s’implantent toujours là où il existe une source d'énergie viable. A ce jour, les ressources de la Côte d’Ivoire sont constitués principalement par le pétrole et le gaz naturel. A ceci s’ajoute la biomasse issue de l’exploitation des produits agricoles de rentes.

Bien que les prospections quant à la présence de gisement pétrolier dans le bassin sédimentaire furent concluantes dès la période d’occupation coloniale, l’exploitation pétrolière n’a démarré qu’en 1980. On aujourd’hui estime que 12,4 millions de barils de pétrole ont été produit durant l’année 2017.  L'actuel gouvernement entend lancer des nouveaux chantiers de prospection qui pourraient aboutir à la découverte de nouveaux champs pétroliers et gaziers. Une industrie du clinker serait une cliente idéale de ce pétrole qui servirait à la production rendant ainsi plus dynamique l'économie intérieure.

Vers des combustibles alternatifs


Un indicateur pertinent du rôle clé que jouera la biomasse dans la production en Côte d’Ivoire est donné en les projets de création de centrale de production d'électricité par biomasse.  Faute d'audace entrepreneuriale, la biomasse importante générée par le pré-traitement des cultures de rente ( le cacao, le café, le palmiers à huile etc…) a pendant longtemps été gaspillée. Elle va désormais être valorisée en tant que source d'énergie renouvelable et peut très bien servir à produire la chaleur nécessaire à la clinkérisation. Un tel projet d'usine à clinker chauffée totalement, au mieux, ou en partie, au pire, à la biomasse mettrait l'Afrique et particulièrement la Côte d’Ivoire à l'avant-garde de l'innovation en procédé industriel.

Pour ce qui est de l'énergie électrique, servant principalement à la fabrication du mélange ciment, je m'abstiendrai des détails dans la mesure où les unités de production de ciment sont déjà en pleine installation témoignant qu'un problème de rareté en électricité pour les usines ne se pose pas.

En résumé, la Côte d’Ivoire dispose d'un potentiel avéré pour la production de clinker et du ciment. Ce potentiel se décline en réserves naturelles de matières premières abondantes pour l'argile, réserves à augmenter pour le calcaire, et en ressources énergétiques telles que le pétrole, le gaz, la biomasse. Ces atouts restent à être utilisés au profit de l'économie locale. L'industrie du ciment étant un acteur clé de l'économie moderne basée sur la production, il importe que des entrepreneurs locaux de préférence et le gouvernement s'y intéresse.


Sources et bibliographies:







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